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Décharges d'électronique


   Photographies édifiantes des plus grandes décharges d'électronique au monde.

Depuis 2011, Kai Loeffelbein s’attèle à documenter un monde que l’on voit rarement dans les publicités des grandes marques d’électro. Jugeant que la responsabilité du monde occidental par rapport à ses modes de consommation reste encore très largement à développer, voir à faire émerger, il a pris le parti de mettre son art au service d’une prise de conscience collective. Cette prise de conscience, c’est celle qui concerne le devenir des quelques 41,8 millions de tonnes de produits électroniques que nous jetons dans le monde, ce chaque année. La Chine et les États-Unis seraient, à eux-seuls, responsables d’un tiers de la production de ces déchets. Mauvaise nouvelle, le monde semble chercher à suivre le mode de vie américain et sa consommation à outrance. On estime que d’ici à 2017, le volume de déchets électroniques aura augmenté de plus d’un tiers.

Dans un monde idyllique tourné vers une économie circulaire et le développement durable, ces millions de tonnes de déchets pourraient être traitées, triées, et recyclées ne laissant aucun trace derrière eux. Cependant, aujourd’hui encore, la portion de déchets électroniques recyclés est très faible, à peine 12,5%. Beaucoup d’appareils ne peuvent simplement pas l’être. Aux États-Unis, ces déchets comptent pour 2% des déchets présents dans les décharges américaines, mais contiennent 70% de tous les déchets toxiques. Comme le soulève Kai Loeffelbein, faisant écho d’une récente étude de Basel Action Network, les déchets électroniques qui sont effectivement envoyés au recyclage, quant à eux, se retrouvent en vérité exportés à hauteur de 50 à 80%… vers les régions pauvres de la planète.

Partant de ces constats affligeants pour l’espèce humaine quant à notre capacité de gestion de ces déchets, le photographe s’est attelé à réaliser un travail documentaire au cœur des plus grandes décharges d’électronique au monde. Il s’est donc rendu à Guiyu, dans la province de Guangdong, en Chine, où se trouve selon lui la décharge la plus importante de la planète. Là-bas, des camions entiers de vieux ordinateurs, de portables, ou d’électro-ménager déchargent le tout dans cette province pauvre de la Chine. Les rues, les jardins, les maisons, les moindres espaces libres servent à stocker ces déchets en attendant leur traitement. De petites mains s’occupent ensuite de récupérer, démanteler, brûler, ces objets à la recherche de métaux précieux, de matériaux réutilisables. Telle une morbide ironie, sur nombre d’appareils, on peut lire l’étiquette « made in China ».

Un phénomène que le photographe retrouvera à Accra, la capitale du Ghana, où des câbles divers sont brûlés par des enfants afin d’en récolter le cuivre. La quantité de fumées toxiques qui s’en dégage témoigne des conditions dans lesquelles les populations vivent aux abords de ces lieux que l’occident a choisi pour en faire ses poubelles à ciel ouvert. Enfin, Kai Loeffelbein s’est rendu en Inde, à Delhi dans le quartier de Seelampur, où se situe le plus grand marché de ferraille indien. Là-bas, on y répare d’anciens écrans de télévision, et surtout, on y démantèle chaque jour des milliers de kits main-libre, de portables ou d’ordinateurs.

 


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